[article:css]

Texte partenaire

Articles

[article:surtitle]

L’implication dans la communauté comme approche pédagogique

Jérôme Guay, enseignant en arts, lettres et communications au Cégep de Rimouski, a tout récemment publié un guide pédagogique sur l’implication communautaire comme approche pédagogique. Une méthode qui propose de faire dialoguer les apprentissages faits en classe et l’expérience « terrain ».
[article:slider]

Jérôme Guay, enseignant en arts, lettres et communications au Cégep de Rimouski Crédit: Cégep de Rimouski

Jerôme Guay a découvert cette méthode pédagogique lors d’un stage linguistique en Italie. Lors de ce voyage, il a eu l’occasion d’enseigner l’italien à de nouveaux arrivants. Une expérience enrichissante qui lui a permis de mieux maîtriser la langue, mais aussi de se sentir mieux intégré dans son milieu tout en contribuant à la mission d’un organisme, a-t-il expliqué lors d’un récent webinaire. En tant qu’enseignant, il a voulu à son tour proposer à ses étudiant-e-s une expérience d’implication auprès d’organismes de leur milieu.

« Le « service-learning », ou « approche par implication communautaire », offre une valeur ajoutée pour l’étudiant(e), pour son établissement d’enseignement ainsi que pour la communauté dans laquelle se déroule l’implication. (…) L’étudiant(e) devient ainsi non seulement une personne apprenante, mais également un(e) membre actif(ve) de son milieu », écrit Jérôme Guay dans l’introduction du guide.

En 2025, après avoir réalisé une recherche sur cette approche pédagogique, Jérôme Guay a commencé à l’intégrer à son cours Exploration des arts, lettres et communication au Cégep de Rimouski. Dans son guide, l’enseignant décrit les cinq grandes étapes pour mettre en pratique cette activité en classe.  

Pour l’enseignant, le journal de bord permet de savoir ce que vivent les étudiants dans leur parcours, et de revenir sur certaines situations avec eux.Jérôme Guay, enseignant au Cégep de Rimouski

Les cinq étapes

Pour l’enseignant(e), la première étape est de repérer les organismes locaux qui font appel à des bénévoles et dont la mission est liée aux contenus vus dans le cours. Par la suite, il est suggéré que l’enseignant organise une rencontre entre les étudiants et les organismes participants, afin d’assurer un meilleur pairage en fonction des intérêts des étudiant-e-s. Par la suite, l’enseignant accompagnera les étudiants tout au long de la session et effectuera des retours en classe pour faire le point sur l’expérience vécue par les étudiants.

Au cœur de cette approche pédagogique figure une étape incontournable : le journal de bord tenu par les étudiant-e-s tout au long du semestre. Il s’agit d’un journal dans lequel l’étudiant devra consigner des observations sur son expérience de bénévolat, en faisant des liens avec les apprentissages vus en classe. Pour l’enseignant-e, c’est un outil précieux pour bien accompagner les étudiant-e-s. Ceux-ci sont appelés à réaliser de 3 à 4 séances de bénévolat dans la session.

« Pour l’enseignant, le journal de bord permet de savoir ce que vivent les étudiants dans leur parcours, et de revenir sur certaines situations avec eux. Par exemple, un étudiant peut se sentir comme un imposteur dans son milieu de bénévolat, sentir qu’il n’est pas à sa place. Nous, ça nous permet d’en discuter avec lui et de normaliser cette situation-là avec l’étudiant en disant que c’est normal de se sentir comme ça quand on arrive dans un nouveau milieu », explique Jérôme Guay.

Ce travail réflexif se termine à la fin de la session par un retour sur l’ensemble du journal de bord. « Souvent, cela leur permet de prendre conscience de leurs apprentissages et de leur évolution au travers de la session », souligne l’enseignant.

Les cing étapes de la mise en pratique Guay, J. (2026). L'implication communautaire comme approche pédagogique. Cégep de Rimouski, p.4

Des bénéfices pour les étudiant-e-s et pour les organismes

« Ils se sentent plus impliqués et plus motivés dans leur projet d’études. Ils se rendent compte que les apprentissages qu’ils font en cours servent à l’extérieur de la salle de classe. Il y a un côté concret à tout ça et qui motive les étudiants. On ajoute aussi une dimension humaine », relate l’enseignant, qui constate que le bénévolat communautaire a de réels bienfaits pour les étudiants.

C’est le cas des étudiants confrontés à un trouble anxieux. « Le fait qu’il y ait une rencontre préalable avec les gens de l’organisme avant leur première expérience de bénévolat, ça a diminué l’anxiété chez certains étudiants », observe Jérôme Guay. Cette approche pédagogique serait particulièrement bénéfique aussi pour les étudiants internationaux, pour qui le bénévolat peut constituer une porte d’entrée dans la communauté locale.

Dans le cadre de certains cours, le bénévolat permettrait une meilleure préparation aux stages. « Des collègues ont constaté que plusieurs étudiants ne sont pas prêts à travailler lors des stages, qu’ils ont besoin d’encadrement et de mieux connaître leur milieu. Faire de l’implication communautaire leur donne une première expérience », explique Jérôme Guay.

Si l’implication communautaire comme terrain d’apprentissage offre de nombreux bénéfices aux étudiants, il en va de même pour les organismes de milieu qui recherchent souvent des bénévoles. « On veut que ce soit profitable à la fois pour les étudiant-e-s et pour les organismes. L’organisme doit permettre un lien signifiant avec le cours et les compétences à atteindre. En retour, à travers le bénévolat, les étudiant-e-s vont développer un sentiment d’appartenance pour des organismes de notre région », souligne Jérôme Guay. « Les étudiants qui s’initient au bénévolat découvrent que c’est valorisant de contribuer à la communauté et ça crée une envie d’y retourner », complète-t-il.

Je trouve intéressant l’aspect humain dans le bénévolat. On parle beaucoup de l’intelligence artificielle et des écrans en ce moment dans l’espace public. C’est intéressant d’être en relation avec des personnes plutôt que de faire seulement des recherches sur internet. Cet aspect-là me motive beaucoup.Jérôme Guay, enseignant au Cégep de Rimouski

Une initiation à l’implication communautaire

Cette approche pédagogique est applicable à tous les programmes d’études. En sciences de l’environnement, par exemple, des étudiant-e-s ont participé au nettoyage des berges. Dans le cours Exploration des arts, lettres et communication, les étudiants s’impliquent dans un organisme culturel de la région. Leur séjour dans un organisme leur permet d’atteindre de manière plus significative la compétence « Expliquer les enjeux culturels nationaux ».

L’implication dans la communauté permet d’établir un lien entre les étudiants du collégial et l’écosystème d’une région ou d’un quartier. La personne étudiante devient ainsi un citoyen et une citoyenne engagé(e) dans sa communauté.

« Je trouve intéressant l’aspect humain dans le bénévolat. On parle beaucoup de l’intelligence artificielle et des écrans en ce moment dans l’espace public. C’est intéressant d’être en relation avec des personnes plutôt que de faire seulement des recherches sur internet. Cet aspect-là me motive beaucoup », conclut Jérôme Guay.

Pour recevoir une copie du guide, contactez M. Jérôme Guay : jerome.guay@cegep-rimouski.qc.ca





Infolettre Le Collégial

Soyez informés de l'actualité dans le réseau collégial. L'infolettre est publiée mensuellement de septembre à mai.

Je m'inscris

Mots-clés



Infolettre Le collégial