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La CSQ insiste sur l’importance du dialogue social

La Centrale des syndicats du Québec (CSQ) félicite les membres du nouveau Conseil des ministres pour leur nomination et rappelle l’importance d’un dialogue social soutenu afin de relever les nombreux défis auxquels le Québec sera confronté dans les prochains mois.

« Nous interprétons positivement le message envoyé aujourd’hui par le gouvernement, à travers la composition du Conseil des ministres. Il s’agit d’un pas dans la bonne direction, qui saura certainement favoriser le dialogue social. Ne reste qu’à voir quels seront les mandats de chacun, dans le contexte où les réseaux publics sont mal en point. Nous sortons d’une campagne électorale où les enjeux touchant l’éducation, l’enseignement supérieur, la petite enfance, la santé et la solidarité sociale n’ont pas été suffisamment abordés, alors qu’ils sont au cœur des préoccupations quotidiennes des citoyennes et des citoyens. Maintenant, nous attendons du nouveau gouvernement qu’il soit à l’écoute des besoins de la population pour améliorer nos réseaux publics et les services à la population », affirme le président de la CSQ, Éric Gingras.

Dans un contexte marqué notamment par la réduction de l’accès aux services publics ainsi que la crise du logement et de l’itinérance, la CSQ réitère sa volonté de collaborer avec la nouvelle équipe ministérielle pour proposer des solutions réalistes et efficaces. Les travailleuses et les travailleurs doivent être au cœur des décisions qui façonnent l’avenir du Québec.

Le gouvernement doit suspendre la Loi 14

La CSQ presse le nouveau ministre du Travail, de l’Emploi et de la Solidarité sociale, Mathieu Lebrun, de suspendre rapidement l’application de la Loi 14, qui limite le droit de grève et entrave de façon importante le processus de négociation collective. La Centrale rappelle que le Tribunal administratif du travail (TAT) a récemment conclu que cette restriction à la liberté d’association n’était pas justifiée au regard des chartes et qu’elle portait atteinte à des droits constitutionnellement protégés.

« Maintenant qu’il est au pouvoir, le Parti québécois a l’occasion de poser un geste cohérent avec la position qu’il défendait lorsqu’il était dans l’opposition. Nous lui demandons d’abolir la Loi 14, tout simplement, car elle crée un déséquilibre important dans le rapport de force entre les parties et fragilise l’ensemble de l’écosystème des relations de travail au Québec. Nous invitons le nouveau ministre du Travail à saisir cette occasion pour rétablir un cadre plus juste, suspendre la loi et amorcer un véritable dialogue avec les organisations syndicales afin de trouver des solutions durables », affirme Éric Gingras.

États généraux sur l’éducation

La CSQ accueille favorablement l’engagement du Parti québécois à tenir des états généraux sur l’éducation dès le début de son mandat, une demande qu’elle réitère depuis plusieurs mois et qui a été portée par différents partis politiques pendant la campagne électorale.

La Centrale espère que cet exercice mènera à des actions concrètes pour répondre aux besoins du réseau et faire de l’éducation une véritable priorité gouvernementale.

La nomination de Joël Arseneau comme nouveau ministre de l’Éducation nationale est vue d’un bon œil. Sa nature calme et réfléchie sera un avantage pour relever les très grands défis qui l’attendent.

« Il aura l’occasion de lancer une démarche rassembleuse qui permettra de mobiliser les acteurs de tous les milieux autour d’un même objectif : l’avenir de l’éducation au Québec. Nous voulons mettre de l’avant des solutions pour favoriser la réussite éducative, l’égalité des chances ainsi qu’une plus grande mixité scolaire et sociale. Plus que jamais, le Québec a besoin d’un plan clair, ambitieux et porteur pour son réseau d’éducation. La population continue d’appuyer le personnel scolaire; ce sont plutôt les lacunes du système et les choix politiques actuels qui alimentent le bris de confiance. À la CSQ, nous avons entrepris un important chantier avec nos membres afin d’actualiser nos orientations et de contribuer à cette réflexion collective essentielle », indique Éric Gingras. La CSQ rappelle toutefois que, pour être efficient et avoir un impact réel sur le modèle de l’éducation au Québec, il faudra inclure tous les acteurs, de la petite enfance jusqu’à l’université.

Toutefois, la volonté du nouveau gouvernement de réduire la taille de l’administration publique soulève des préoccupations tant chez nos membres que dans la population. « Après des années de restrictions budgétaires et de gel des embauches dans nos réseaux, il est essentiel de rappeler que chaque membre du personnel qui travaille en éducation, tout comme en enseignement supérieur par ailleurs, qu’il soit enseignant ou qu’il travaille aux services pédagogiques, professionnels, de soutien ou administratifs, contribue directement à la réussite des élèves et des étudiantes et étudiants, souligne le président de la CSQ. Or, le Parti québécois s’est engagé à atteindre plusieurs objectifs ambitieux, notamment de renforcer le civisme et de lutter contre la violence à l’école en favorisant la mixité scolaire, en combattant le décrochage, en valorisant la formation professionnelle, ainsi qu’en encourageant l’activité physique et la lutte contre la sédentarité. La réalisation de ces engagements nécessitera des ressources humaines à la hauteur des ambitions affichées. »

L’éducation supérieure, trop souvent ignorée

La CSQ déplore le fait que l’enseignement supérieur ait été relégué au second plan au cours des dernières années, malgré les nombreux enjeux qui animent le réseau, notamment le financement déficient des établissements. La Centrale espère que la nomination d’Elsie Lefebvre à titre de ministre de l’Enseignement supérieur, de l’Habitation et de la Condition féminine permettra de rebâtir les ponts. « Les établissements d’enseignement supérieur sont parmi les plus grands atouts dont dispose le Québec pour assurer son développement. Véritables pôles d’attractivité, ils retiennent les talents, attirent de nouvelles expertises et créent les conditions nécessaires à l’innovation et à la croissance économique. Là où ils sont présents, les régions gagnent en vitalité, en rayonnement et en capacité d’agir sur leur avenir. Affaiblir ces institutions, c’est freiner le développement régional. Les défis sont grands avec les compressions et les efforts budgétaires répétés qui ont fragilisé la qualité de la formation, les services aux personnes étudiantes et les conditions de travail. Il faut maintenant s’engager à assurer un financement public stable, prévisible et suffisant, accompagné d’un plan de rattrapage en ce qui concerne la vétusté des immeubles et la mise à niveau des équipements », de rappeler le président de la CSQ. Par ailleurs, la Centrale se réjouit du fait que l’un des mandats prioritaires de la ministre sera la construction de maisons pour les victimes de violences conjugales.

Petite enfance – Consulter le milieu

Au-delà de l’objectif de créer de nouvelles places, la CSQ invite la nouvelle ministre de la Famille, Méganne Perry Mélançon, à consulter davantage les acteurs du réseau afin de s’assurer que les mesures mises en place répondent véritablement aux besoins du terrain. « Le réseau de la petite enfance regorge d’expertise et d’engagement, et il est temps de miser pleinement sur celles qui le font vivre au quotidien. Nous observons que plusieurs responsables de services éducatifs en milieu familial régi et subventionné peinent déjà à combler leurs places, tandis que certaines régions sont confrontées à une pénurie de main-d’œuvre importante dans les CPE. Avant de multiplier les nouvelles places, il faut prendre le temps de bien comprendre les réalités propres à chaque milieu et de planifier le développement du réseau en fonction des besoins réels des familles québécoises. Le nouveau gouvernement a une occasion unique de bâtir avec le milieu, plutôt que pour le milieu », fait valoir Éric Gingras.

La pénurie de main-d’œuvre en santé fait mal

Trouver des solutions durables à la pénurie de personnel dans le réseau de la santé et des services sociaux doit figurer au sommet des priorités de la nouvelle ministre de la Santé, de la Prévention et des Aînés, Marie-Karlynn Laflamme La CSQ, appuyée par plusieurs organisations de la société civile, réclame d’ailleurs la tenue d’une vaste réflexion nationale sur l’avenir du réseau public dans le but de dégager des solutions concrètes, durables et porteuses pour relever les nombreux défis auxquels il est confronté.

« Alors que d’ici 2030, 25 % de la population du Québec aura plus de 65 ans, il est urgent de repenser le système de santé actuel. La pénurie de main-d’œuvre continue de frapper de plein fouet plusieurs professions essentielles, notamment les infirmières, les infirmières auxiliaires et les inhalothérapeutes. Ignorer cette réalité dans le contexte du vieillissement de la population ne nuira pas seulement aux travailleuses et travailleurs, mais aussi aux personnes qui reçoivent les services. Assurons-nous que les personnes vieillissantes pourront continuer de vivre dans la dignité. Pour ce faire, il est impératif d’adopter des mesures structurantes pour attirer et retenir le personnel. La solution ne réside pas dans le recours accru au secteur privé, qui se fait souvent à grands frais, mais bien dans des investissements soutenus et prévisibles dans notre réseau public de santé et de services sociaux. », soutient Éric Gingras.

Intelligence artificielle

Parmi les autres annonces de la journée, la CSQ salue la nomination d’une ministre déléguée à l’Intelligence artificielle (IA) et au Numérique. Son mandat prioritaire devrait être la mise en place de balises claires pour le contrôle et le développement de l’IA dans le but de s’assurer que la technologie soit au service de l’humain et non l’inverse.

L’équité salariale

Difficile de croire qu’aujourd’hui, après 30 ans d’application de la Loi sur l’équité salariale, des écarts salariaux discriminatoires persistent encore envers le travail des femmes.

« Cette loi est le garde-fou du droit à recevoir un salaire équitable. La négociation des points de convention collective ne peut servir en échange d’un règlement d’enjeux portant sur l’équité salariale. Le ministre du Travail, Mathieu Lebrun, devra garder en tête que l’équité salariale est un droit, et non un privilège », explique Éric Gingras.

Conseil du trésor – Préparons la prochaine ronde de négociations

À un an du début des négociations des conventions collectives du secteur public, Éric Gingras invite le nouveau président du Conseil du trésor, Alain Therrien, à aborder cet exercice avec sérieux et dans un esprit de collaboration. « Les besoins dans les réseaux publics sont toujours criants, la pénurie de personnel continue d’affecter les services partout au Québec et les enjeux d’attraction et de rétention de personnel sont toujours bien réels. Des réinvestissements importants seront nécessaires, mais il faut sortir de la logique d’affrontement qui caractérise trop souvent les rondes de négociation. À la CSQ, nous croyons au dialogue social, mais celui-ci doit être réciproque. Pour obtenir des résultats, il faut une véritable volonté politique », soutient le président de la CSQ.

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Profil de la CSQ

La CSQ est la plus importante organisation syndicale en éducation au Québec. Elle représente des membres dans toutes les catégories d’emplois, de la petite enfance à l’enseignement supérieur, en passant par tout le réseau scolaire.

La Centrale rassemble 235 000 membres; elle compte 11 fédérations qui regroupent quelque 240 syndicats affiliés, auxquels s’ajoute l’AREQ, le mouvement des personnes retraitées CSQ. Elle est également présente dans les secteurs de la santé et des services sociaux, du municipal, des loisirs, de la culture, du communautaire et des communications.

X : CSQ_Centrale

Renseignements

Maude Messier

Attachée de presse

Centrale des syndicats du Québec

Cellulaire : 514 213-0770

Courriel : messier.maude@lacsq.org

 

 

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