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Un nouveau programme adapté aux réalités actuelles du métier
Les cégeps s’apprêtent cet automne à rédiger de nouveaux plans-cadres des futurs cours du programme de soins infirmiers, dont la toute récente mouture a été dévoilée en août par le ministère de l’Enseignement supérieur.
Élise Prioleau
Le renouvellement du programme de soins infirmiers était attendu depuis plusieurs années dans le réseau collégial. À l'Association des enseignantes et enseignants en soins infirmiers des collèges du Québec (AEESICQ), on se dit enthousiaste face à l’annonce de l’implantation du nouveau programme. Si certains cégeps prévoient offrir le nouveau programme dès l’automne 2028, il faudra attendre à l’automne 2029 pour qu’il soit effectif partout au Québec.
« Le programme actuel en soins infirmiers date de 1999-2000. Ça fait 15 ans qu’on demande un nouveau programme au ministère », reconnaît Mirelle Beaudet, enseignante en soins infirmiers au Cégep de Saint-Jérôme et présidente de l'AEESICQ. « Les enseignants et enseignantes sont heureux d’avoir un nouveau devis, pour pouvoir encore mieux former les futures infirmières. La formation va être plus à jour et va refléter encore mieux les besoins de la population. »
Concrètement, le nouveau programme prévoit l’ajout de compétences associées aux nouvelles technologies du domaine médical, concernant notamment les dossiers numériques ou encore la télémédecine. Des compétences numériques qui prévoient aussi l’examen des limites de ces nouveaux outils. Autre nouveauté majeure : l’ajout d’une compétence pour mieux intervenir auprès des populations autochtones, un ajout à la formation qui avait fait l’objet d’une recommandation de la Commission Viens en 2019.
Il y a une nouvelle approche qui est par type de clientèle et par type de pathologie. L’approche de l’ancien programme était plus hospitalo-centrée, selon la chaîne de soins dans un hôpital. Dans la nouvelle approche, on intègre par exemple la télémédecine.Mathieu Lépine, coordonnateur aux affaires pédagogiques à la Fédération des cégeps.
Une nouvelle approche de l’enseignement
Du côté de la Fédération des cégeps, on se dit satisfait de la nouvelle mouture du programme. « C’est une profession qui évolue de plus en plus vite, en lien avec le développement de la technologie et du vieillissement de la population, c’était important de moderniser la formation pour qu’elle reflète les nouvelles réalités sur le terrain », explique Mathieu Lépine, coordonnateur aux affaires pédagogiques à la Fédération des cégeps.
Le nouveau programme va jusqu’à proposer une nouvelle approche de la formation des futurs infirmières et infirmiers. Une approche qui entend former des infirmières compétentes auprès de diverses clientèles et dans des contextes de pratiques diversifiés. « Il y a une nouvelle approche qui est par type de clientèle et par type de pathologie. L’approche de l’ancien programme était plus hospitalo-centrée, selon la chaîne de soins dans un hôpital. Dans la nouvelle approche, on intègre par exemple la télémédecine. C’est une approche qui déborde la seule réalité de l’hôpital et qui offre une vision plus globale », observe Mathieu Lépine.
Pour redéfinir le programme, l’équipe du ministère a d’abord réalisé une analyse approfondie de la profession, en collaboration avec des représentant-e-s de la Fédération des cégeps, de membres de la profession et d’enseignant-e-s. « Normalement on fait une analyse de la profession qui dure deux jours pour la plupart des programmes. Dans ce cas-ci, il y a eu douze analyses de la profession par type de clientèle : autochtones, prénatalité, enfants, personnes âgées, etc. Chacun avait sa journée, pour vraiment bien faire le tour de la profession et élaborer un programme qui soit à l’image de la réalité de la société québécoise en 2026 », relate Mathieu Lépine.
On s’en va vers une formation où les compétences analytiques du personnel infirmier occuperont une place importante. On s’en va vers une très belle formation.Mirelle Beaudet, présidente de l'AEESICQ.
Le jugement clinique plus présent
« On s’en va vers une formation où les compétences analytiques du personnel infirmier occuperont une place importante. On s’en va vers une très belle formation », se réjouit Mirelle Beaudet, présidente de l'AEESICQ.
Le jugement clinique occupera dans la nouvelle formation une place plus importante que dans l’ancienne. Depuis 2003 et l’adoption de la loi 90 au Québec, les infirmières et infirmiers jouissent d’une autonomie clinique accrue.
« Aujourd’hui, en tant qu’infirmiers et infirmières, on détermine des situations, on évalue des priorités et on valide avec le médecin seulement pour une partie des actes médicaux », précise Mirelle Beaudet.
Étant donné que le nouveau programme entend former des infirmières qui possèdent un jugement clinique plus poussé, le ministère a souhaité mieux arrimer les formations collégiale et universitaire en soins infirmiers.
« Il y a de plus en plus d’étudiant-e-s qui font le DEC-BAC, pour devenir infirmière clinicienne. On a déterminé plus précisément jusqu’où va la formation collégiale et où commence la formation universitaire. Maintenant s’amorce la phase deux des travaux qui vont permettre de finaliser l’arrimage et de s’assurer d’un continuum entre la formation collégiale et universitaire », précise Mathieu Lépine, coordonnateur aux affaires pédagogiques à la Fédération des cégeps.
Accompagnement des enseignant-e-s
Bien que le devis ministériel ait été rendu public à la fin du mois d’août, dans les cégeps, le personnel enseignant en soins infirmiers commence déjà à se préparer à la mise en œuvre des plans de cours. Une prochaine étape qui devrait se dérouler entre 2026 et 2029.
La présidente de l'AEESICQ ne cache pas la fébrilité dans les départements de soins infirmiers devant la tâche qui reste à accomplir. « Les enseignants qui ont monté le programme en 2000, il n’en reste plus beaucoup. L’exercice de partir d’un devis ministériel et mettre en œuvre un programme, c’est nouveau pour la plupart des enseignants en soins infirmiers », reconnaît Mirelle Beaudet.
Elle reconnaît toutefois que les inquiétudes des enseignant-e-s ont été entendues par le ministère de l’Enseignement supérieur, qui offrira un accompagnement dans chacun des départements de soins infirmiers dès l’automne.
« Chaque département sera rencontré par une équipe du ministère, qui va expliquer la vision du nouveau programme. Ça va aider les équipes à mettre en œuvre le programme par la suite », explique la présidente de l'AEESICQ.




