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Où sont les cégeps dans cette campagne électorale?

Alors que la campagne électorale québécoise bat son plein, l’Association des conseillères et conseillers d’orientation du collégial (ACOC), l’Association professionnelle des aides pédagogiques individuelles (APAPI), le Syndicat de professionnelles et professionnels du gouvernement du Québec (SPGQ), la Fédération des professionnelles et professionnels des collèges (FPPC-CSQ) et la Fédération des professionnelles de la CSN (FP-CSN) lancent un appel aux formations politiques : où est l’enseignement supérieur dans cette campagne?
Le silence est pour le moins étonnant.
Les cégeps accueillent cette année un nombre record d’étudiantes et d’étudiants. Pendant ce temps, les équipes qui les accompagnent quotidiennement sont à bout de souffle. Les dernières négociations du secteur public ont été difficiles et ont donné lieu à d’importantes mobilisations et à des grèves. Sur le terrain, la pression continue pourtant de s’accentuer.
On parle beaucoup de pénurie de main-d’œuvre, de développement économique, d’innovation et de productivité. Mais on parle très peu de celles et ceux qui forment la relève qui devra répondre à ces défis. Comment peut-on prétendre préparer l’avenir économique du Québec sans parler sérieusement de nos cégeps?
Une question se pose : les partis politiques évitent-ils l’enseignement supérieur parce qu’ils craignent d’y perdre des points plutôt que d’en gagner?
Au cours des dernières années, le gouvernement a investi dans l’enseignement supérieur, notamment pour répondre aux besoins de main-d’œuvre et stimuler les inscriptions dans certains programmes. Or, ces investissements n’ont pas permis de répondre aux besoins grandissants du réseau et de sa population étudiante. La croissance des effectifs et les défis qui l’accompagnent auraient dû s’inscrire dans une réflexion plus large sur la capacité du réseau à répondre à cette nouvelle réalité.
Les bourses Perspective Québec illustrent bien cette situation. Elles auront représenté, à terme, un investissement de 1,3 milliard de dollars. Nous ne remettons pas en question le soutien financier aux étudiantes et aux étudiants. Nous nous interrogeons plutôt sur les choix qui ont été faits et l’absence d’une vision d’ensemble permettant de mesurer les conséquences de ces mesures sur le réseau collégial. Les investissements en enseignement supérieur doivent être pensés en fonction d’un objectif plus large : permettre au réseau de répondre aux besoins des étudiantes et des étudiants, aujourd’hui comme pour les années à venir.
L’ACOC, l’APAPI, le SPGQ, la FPPC-CSQ et la FP-CSN demandent donc aux formations politiques de sortir du silence et de présenter leur vision pour les cégeps.
Comment comptent-elles répondre à la croissance historique de la population étudiante? Comment souhaitent-elles soutenir les équipes professionnelles qui accompagnent les jeunes? Quelle place accordent-elles à la réussite, à la persévérance, à l’orientation et à l’accompagnement? Comment entendent-elles s’assurer que les investissements consentis en enseignement supérieur répondent réellement aux besoins du réseau?
L’enseignement supérieur ne devrait pas être laissé en marge du débat électoral. Il devrait faire partie d’une conversation sérieuse sur l’avenir du Québec.
Parce que derrière chaque diplôme, il y a une personne. Et derrière ces personnes, il y a l’avenir économique, social et régional du Québec.
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